Un des buts de ce cours est d'apprendre à connaître et à profiter des forces de chacun des grands dictionnaires. Apprenez donc à manipuler tous les outils. Ne vous contentez pas d'un dictionnaire bilingue, et utilisez les ouvrages de référence spécialisés. Aussi bon que soit votre dictionnaire bilingue, n'utilisez jamais un mot que vous ne connaissez pas (ou dont vous n'êtes pas sûre du sens dans son contexte) dans votre traduction sans le vérifier d'abord dans un dictionnaire unilingue.
MÉTHODE PROPOSÉE I. Avant de commencer: Lire le texte en entier plusieurs fois et de préférence à haute voix.
II. Comprendre et analyser le texte dans la langue de départ (ce qui est une condition nécessaire, mais non pas suffisante à sa traduction!):
- Chercher les mots qui gênent la compréhension dans le dictionnaire (bilingue ou unilingue) si nécessaire. Si vous avez un doute, même le plus infime, vérifiez le mot dans le dictionnaire!
- Faire une explication de texte en notant tous les éléments pertinents. N'hésitez pas à marquer le texte.
Dans votre analyse du texte, vous noterez en particulier:
- les idées principales, le mouvement et le rythme du texte, ainsi que ses articulations principales. Autant que possible ou selon votre approche théorique, ces points sont à respecter et à rendre dans la traduction.
- En fonction de votre approche, les répétitions de mots, les oppositions et contrastes seront à garder ou non pour reproduire les effets du texte dans la langue de départ.
- En fonction de votre approche, les répétitions de son (allitérations et assonances) sont également à garder ou non. Ceci s'applique surtout à la poésie, où vous aurez aussi à réfléchir à éviter (ou non) les répétitions (mots et sons) dans la traduction quand elles n'existent pas dans la langue de départ.
- les métaphores, thèmes et images: essayez de les traduire littéralement, ou avec étoffement (métaphores marines, sportives, guerre, thème de la lumière, etc.). Parfois, pour que le public comprenne, il faut transposer ou expliquer. Par exemple, une métaphore tirée du base-ball sera incompréhensible pour des Français, mais pas pour des Québécois.
- les allusions culturelles : il faut être consciente des réalités auxquelles les mots renvoient, ainsi que de leurs connotations culturelles. Par exemple, les chrysanthèmes sont associés à la mort en France. De même le 14 juillet, n'indique pas seulement une date, mais surtout une référence à la Fête Nationale.
- les jeux de mots: à conserver si possible. S'ils sont intraduisibles, trouvez quelque chose d'équivalent.
- les anomalies, les particularité et utilisations particulières de mots et d'expression par un auteur particulier. Il faut respecter ces anomalies quand elles existent et résister à la tentation de réécrire le texte afin de le "normaliser" ou de le "coloniser".
- les mots qu'il ne faut peut-être pas traduire: en particulier, les termes d'adresse (Madame, Miss) à conserver pour la couleur locale, les noms propres (à ne pas traduire, le plus souvent).
- le registre, le niveau de langue: il faut en particulier respecter les variations de registre et de niveau dans le texte.
- le ton, l'atmosphère du texte.
III. Faire une première traduction -- un premier jet -- rapide, avec des blancs, des accolades pour indiquer toutes les possibilités, et les synonymes possibles. A ce stade, ne pas rechercher l'élégance, mais plutôt l'exactitude. Ne rien oublier!
IV. Se reposer!: essentiel pour se rafraîchir l'esprit et mieux voir les erreurs!
V. Tout reprendre mot à mot: travail de vérification, de choix, de style et de recréation. C'est le travail le plus intense et le plus difficile.
Il faut:
- (1) penser à son public, rendre le texte compréhensible pour le public de la langue d'arrivée
- (2) tenir compte des différences qui existent entre les deux langues
- (3) L'anglais est beaucoup plus concis que le français: on a souvent besoin d'explicitations, d'amplifications ou d'étoffements.
Comment traduire: to commute ou a commuter, par exemple?
- (4) En particulier noter aussi les prépositions anglaises qui sont plus souples:
She danced into the room --> Elle est entrée dans la pièce en dansant
The women around her --> Les femmes qui l'entouraient
- (5) L'anglais est aussi une langue plus imagée et plus concrète, qui présente une plus grande richesse pour l'expression des sentiments, des mouvements, des sonorités
- (6) Le français est plus rigide et codifié que l'anglais
- (7) Rendre la traduction "naturelle" et élégante: Essayez de vous imaginer que l'auteur, au lieu d'écrire dans la langue de départ, a écrit son texte dans la langue d'arrivée. Il s'agit de trouver ce qu'il ou elle aurait écrit.
- (8) Ne vous laissez pas trop influencer par la syntaxe de la langue de départ. En particulier, le français utilise beaucoup plus fréquemment que l'anglais des phrases sans verbe.
- (9) l'anglais utilise beaucoup de structures passives, qui sont impossibles en français, ou alors très lourdes
- (10) ne pas traduire automatiquement un mot par son équivalent "évident", quand il existe plusieurs mots possibles dans la langue d'arrivée.
VI. Lecture critique du résultat. Vous pouvez lire votre traduction à une camarade et lui demander son avis (franc et honnête!) sur la cohérence et le ton de votre traduction.
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