CONSEILS POUR LA TRADUCTION


Un des buts de ce cours est d'apprendre à connaître et à profiter des forces de chacun des grands dictionnaires. Apprenez donc à manipuler tous les outils. Ne vous contentez pas d'un dictionnaire bilingue, et utilisez les ouvrages de référence spécialisés. Aussi bon que soit votre dictionnaire bilingue, n'utilisez jamais un mot que vous ne connaissez pas (ou dont vous n'êtes pas sûre du sens dans son contexte) dans votre traduction sans le vérifier d'abord dans un dictionnaire unilingue.

 

MÉTHODE PROPOSÉE

I. Avant de commencer: Lire le texte en entier plusieurs fois et de préférence à haute voix.

II. Comprendre et analyser le texte dans la langue de départ (ce qui est une condition nécessaire, mais non pas suffisante à sa traduction!):

  1. Chercher les mots qui gênent la compréhension dans le dictionnaire (bilingue ou unilingue) si nécessaire. Si vous avez un doute, même le plus infime, vérifiez le mot dans le dictionnaire!
  2. Faire une explication de texte en notant tous les éléments pertinents. N'hésitez pas à marquer le texte.

    Dans votre analyse du texte, vous noterez en particulier:

    1. les idées principales, le mouvement et le rythme du texte, ainsi que ses articulations principales. Autant que possible ou selon votre approche théorique, ces points sont à respecter et à rendre dans la traduction.
    2. En fonction de votre approche, les répétitions de mots, les oppositions et contrastes seront à garder ou non pour reproduire les effets du texte dans la langue de départ.
    3. En fonction de votre approche, les répétitions de son (allitérations et assonances) sont également à garder ou non. Ceci s'applique surtout à la poésie, où vous aurez aussi à réfléchir à éviter (ou non) les répétitions (mots et sons) dans la traduction quand elles n'existent pas dans la langue de départ.
    4. les métaphores, thèmes et images: essayez de les traduire littéralement, ou avec étoffement (métaphores marines, sportives, guerre, thème de la lumière, etc.). Parfois, pour que le public comprenne, il faut transposer ou expliquer. Par exemple, une métaphore tirée du base-ball sera incompréhensible pour des Français, mais pas pour des Québécois.
    5. les allusions culturelles : il faut être consciente des réalités auxquelles les mots renvoient, ainsi que de leurs connotations culturelles. Par exemple, les chrysanthèmes sont associés à la mort en France. De même le 14 juillet, n'indique pas seulement une date, mais surtout une référence à la Fête Nationale.
    6. les jeux de mots: à conserver si possible. S'ils sont intraduisibles, trouvez quelque chose d'équivalent.
    7. les anomalies, les particularité et utilisations particulières de mots et d'expression par un auteur particulier. Il faut respecter ces anomalies quand elles existent et résister à la tentation de réécrire le texte afin de le "normaliser" ou de le "coloniser".
    8. les mots qu'il ne faut peut-être pas traduire: en particulier, les termes d'adresse (Madame, Miss) à conserver pour la couleur locale, les noms propres (à ne pas traduire, le plus souvent).
    9. le registre, le niveau de langue: il faut en particulier respecter les variations de registre et de niveau dans le texte.
    10. le ton, l'atmosphère du texte.

III. Faire une première traduction -- un premier jet -- rapide, avec des blancs, des accolades pour indiquer toutes les possibilités, et les synonymes possibles. A ce stade, ne pas rechercher l'élégance, mais plutôt l'exactitude. Ne rien oublier!

IV. Se reposer!: essentiel pour se rafraîchir l'esprit et mieux voir les erreurs!

V. Tout reprendre mot à mot: travail de vérification, de choix, de style et de recréation. C'est le travail le plus intense et le plus difficile.

Il faut:

VI. Lecture critique du résultat. Vous pouvez lire votre traduction à une camarade et lui demander son avis (franc et honnête!) sur la cohérence et le ton de votre traduction.

 

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